Sommaire
Saviez-vous que notre département n’avait vraiment rien à envier aux légendes du monde entier ?
Après avoir consacré un article à nos chers amis des forêts Les Nutons, que vous pouvez retrouver ici, laissez-moi vous présenter d’autres créatures bien de chez nous.
Le Houzier
Si vous passez par Rocquigny, n’hésitez pas à faire un petit détour par La Hardoye et plus précisément le long des ruisseaux.
Avec un peu de chance, vous pourriez croiser un farfadet haut de quatre pouces, dont le nom signifie “homme des eaux”, Le Houzier.
Son physique bien ingrat ne l’a pourtant pas rendu mesquin, mais terriblement taquin !
Il se cache dans les hautes herbes, se rendant parfois invisible, il attend le moment propice pour … Vous éclabousser et vous couvrir de boue !
Une fois son méfait accompli, seul un “plouf” très sonore retentira, Le Houzier déjà en quête de sa prochaine victime sans même que vous ayez eu le temps de le lui courir après.
Bien évidemment, plus sa cible est coquette ou parée des plus beaux atours, plus le rire du Houzier après sa petite blague résonnera entre les arbres.
Bien qu’aucun Houzier n’ait été aperçu depuis de nombreuses années, dans la petite commune on continue de dire quand un enfant rentre à la maison avec les vêtements crottés qu’il est houzelé !

Le Trou aux Fées
Un petit lieu-dit nommé La Rivette près de Les Hautes-Rivières serait le théâtre d’étranges disparitions…
Un ruisseau souterrain traverse la roche sur environ huit mètres et aurait été creusé par les fées.
Chaque nuit un orchestre mystérieux donne un concert près de ce ruisseau, mais chacun de ses musiciens restent pourtant invisibles.
Les fées dansent en chantant :
“Ceux d’Harcy sont-ils ici ?
Oui !
Ceux de Sugny y sont-ils aussi ?
Oui !
Eh bien alors, en danse !”
Mais attention curieux lecteurs, vous approcher de trop près pourrait vous coûter bien plus qu’une danse.
Il se raconte que bien des imprudents ont été capturés par les fées et dévorés par les sorcières !

Le Mahwot
La vallée de la Meuse est un des plus beaux coins des Ardennes, mais savez-vous ce qui s’y cache ?
Une créature aussi grosse qu’un veau et ressemblant à un lézard vivrait au fond du fleuve, le parcourant de Revin jusqu’à Liège, le Mahwot.
L’apercevoir est rarissime, et de très mauvaise augure !
Il ne se montre que lorsque de graves évènements vont survenir, et cela serait signe de mort, de sang versé, de guerre ou de peste.
Mais il est aussi l’arme secrète de beaucoup de mamans ardennaises, qui promettent à leur enfants pas sages de les donner en pâture à ce monstre.
Combien d’enfants le Mahwot a-t-il dévoré ? C’est un secret bien gardé.
Si bien gardé que tous les enfants de la vallée de la Meuse évitent de s’approcher du fleuve.

Le Karnabo
Ma petite maman (c’est pas uniquement un surnom affectueux, ma mère mesurait 1m57) avait une expression pour dire qu’elle était fatiguée : “être Karnabo”. Mais elle est née à Vouziers.
Dans le nord des Ardennes, dans les ardoisières, cette expression doit prendre un autre sens…
De forme presque humaine, avec des yeux de basilic et un nez en forme de trompe, le Karnabo serait selon la légende enfermé dans une ardoisière abandonnée.
Né de l’union d’un bohémien de passage avec une goule de soixante-sept ans, il dévore tout ceux assez braves, ou fous, pour s’approcher de son antre.
Un horrible sifflement nasal précède alors votre paralysie et votre asphyxie, scellant à jamais votre sort.
L’ardoisière aurait été murée il y a des décennies.
Mais par les nuits d’orage on raconte que le sifflement du Karnabo se fait encore entendre, suivit par les hurlements de terreur de sa dernière victime, une jeune fille trop têtue pour écouter les avertissements.

C’est tout pour aujourd’hui, mais je reviendrai bientôt avec d’autres légendes et d’autres créatures.
En attendant, restez prudents en vous promenant et gardez l’œil ouvert !
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